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Terminale SpéSéquence 9 — Cours

Combinatoire et dénombrement

Principes de dénombrement

DéfinitionPrincipe additif
Si deux expériences incompatibles (disjointes) ont respectivement pp et qq issues possibles,
alors l'expérience globale « l'une ou l'autre » a p+qp + q issues possibles.
Exemple : Choisir un entier entre 1 et 5 ou une lettre parmi {a,b,c}\{a, b, c\} 5+3=85 + 3 = 8 choix.
DéfinitionPrincipe multiplicatif (des choix successifs)
Si une expérience s'effectue en deux étapes indépendantes ayant respectivement pp et qq issues,
alors l'expérience globale a p×qp \times q issues possibles.
Généralisation : kk étapes avec n1,n2,,nkn_1, n_2, \ldots, n_k issues → n1×n2××nkn_1 \times n_2 \times \cdots \times n_k issues au total.
Exemple : Un menu avec 3 entrées, 4 plats et 2 desserts → 3×4×2=243 \times 4 \times 2 = 24 repas possibles.

ExempleApplication directe

Combien de mots de 3 lettres peut-on former avec l'alphabet {a,b,c,d}\{a, b, c, d\} ?

Avec répétition : chaque position a 4 choix → 43=644^3 = 64 mots.

Sans répétition : 4×3×2=244 \times 3 \times 2 = 24 mots (chaque lettre utilisée au plus une fois).

$k$-uplets, arrangements et permutations

Définition$k$-uplets d\'un ensemble
Un kk-uplet d'un ensemble EE à nn éléments est une liste ordonnée de kk éléments de EE (répétitions possibles).
Le nombre de kk-uplets de EE est nkn^k.
DéfinitionPermutations
Une permutation d'un ensemble à nn éléments est un nn-uplet sans répétition, c'est-à-dire un rangement de tous les éléments.
Le nombre de permutations de nn éléments est n!=n×(n1)××2×1n! = n \times (n-1) \times \cdots \times 2 \times 1.
Convention : 0!=10! = 1.

ExempleFactorielles

1!=1,2!=2,3!=6,4!=24,5!=120,6!=720,10!=36288001! = 1, \quad 2! = 2, \quad 3! = 6, \quad 4! = 24, \quad 5! = 120, \quad 6! = 720, \quad 10! = 3\,628\,800.

Exemple : De combien de façons peut-on ranger 5 livres sur une étagère ? Réponse : 5!=1205! = 120.

AttentionCroissance de $n!$
La factorielle croit extrêmement vite : 20!2,4×101820! \approx 2{,}4 \times 10^{18}. Pour n13n \geq 13, n!n! dépasse la capacité des calculatrices standard.
C'est pourquoi on préfère souvent travailler avec les combinaisons plutôt qu'avec les factorielles directement.

Combinaisons

DéfinitionCombinaison — définition
Une combinaison de kk éléments parmi nn est un sous-ensemble (non ordonné, sans répétition) de taille kk
extrait d'un ensemble à nn éléments.
Le nombre de telles combinaisons est noté (nk)\dbinom{n}{k} (lu « kk parmi nn »).
ThéorèmeFormule des combinaisons
(nk)=n!k!(nk)!\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!\,(n-k)!}
Propriétés immédiates :
(n0)=(nn)=1\binom{n}{0} = \binom{n}{n} = 1 \quad (un seul choix : prendre rien ou tout).
(n1)=n\binom{n}{1} = n \quad (autant de singletons que d'éléments).
(nk)=(nnk)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k} \quad (symétrie : choisir kk éléments revient à en exclure nkn-k).

ExempleCalculs de combinaisons

(52)=5!2!3!=5×42×1=10\binom{5}{2} = \dfrac{5!}{2!\cdot 3!} = \dfrac{5 \times 4}{2 \times 1} = 10

(63)=6!3!3!=6×5×43×2×1=20\binom{6}{3} = \dfrac{6!}{3!\cdot 3!} = \dfrac{6 \times 5 \times 4}{3 \times 2 \times 1} = 20

Application : Au loto (6 numéros tirés parmi 49), le nombre de grilles possibles est (496)=13983816\binom{49}{6} = 13\,983\,816.

Remarque

Différence fondamentale : choisir 2 lettres parmi {a,b,c}\{a,b,c\} dans l'ordre 3×2=63 \times 2 = 6 façons (arrangements).

Choisir 2 lettres sans ordre (combinaisons) → (32)=3\binom{3}{2} = 3 façons : {a,b}\{a,b\}, {a,c}\{a,c\}, {b,c}\{b,c\}.

Triangle de Pascal et coefficients binomiaux

ThéorèmeFormule de Pascal (démonstration exigée)
(nk)+(nk+1)=(n+1k+1)\binom{n}{k} + \binom{n}{k+1} = \binom{n+1}{k+1}
Preuve algébrique :
(nk)+(nk+1)=n!k!(nk)!+n!(k+1)!(nk1)!\binom{n}{k} + \binom{n}{k+1} = \dfrac{n!}{k!(n-k)!} + \dfrac{n!}{(k+1)!(n-k-1)!}
=n!(k+1)(k+1)!(nk)!+n!(nk)(k+1)!(nk)!=n![(k+1)+(nk)](k+1)!(nk)!=n!(n+1)(k+1)!(nk)!=(n+1k+1)= \dfrac{n!(k+1)}{(k+1)!(n-k)!} + \dfrac{n!(n-k)}{(k+1)!(n-k)!} = \dfrac{n![(k+1)+(n-k)]}{(k+1)!(n-k)!} = \dfrac{n!(n+1)}{(k+1)!(n-k)!} = \binom{n+1}{k+1}. \square
Preuve combinatoire : Parmi n+1n+1 objets (dont un distingué *), les sous-ensembles de taille k+1k+1 soit contiennent * ((nk)\binom{n}{k} façons), soit ne le contiennent pas ((nk+1)\binom{n}{k+1} façons). \square

ExempleTriangle de Pascal (premières lignes)

| n\kn \backslash k | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |

|---|---|---|---|---|---|---|

| 0 | 1 | | | | | |

| 1 | 1 | 1 | | | | |

| 2 | 1 | 2 | 1 | | | |

| 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | | |

| 4 | 1 | 4 | 6 | 4 | 1 | |

| 5 | 1 | 5 | 10 | 10 | 5 | 1 |

Chaque coefficient est la somme des deux au-dessus (formule de Pascal).

ThéorèmeSomme des coefficients binomiaux (démonstration exigée)
k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} = 2^n
Preuve algébrique : En développant (1+1)n(1+1)^n par le binôme de Newton :
(1+1)n=k=0n(nk)1k1nk=k=0n(nk)(1+1)^n = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} 1^k \cdot 1^{n-k} = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}. Or (1+1)n=2n(1+1)^n = 2^n. \square
Preuve combinatoire : Un ensemble à nn éléments a autant de sous-ensembles que de listes binaires de longueur nn (inclure ou non chaque élément), soit 2n2^n. Et la somme k(nk)\sum_{k} \binom{n}{k} compte ces sous-ensembles par taille. \square

Premières applications aux probabilités

PropriétéDénombrement et probabilité sur un espace équiprobable
Sur un univers Ω\Omega à nn éléments équiprobables, la probabilité d'un événement AA est :
P(A)=Card(A)Card(Ω)=nombre de cas favorablesnombre de cas possiblesP(A) = \frac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)} = \frac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}}
Les outils de dénombrement (kk-uplets, permutations, combinaisons) permettent de calculer numérateur et dénominateur.

ExempleApplication — tirage dans une urne

Une urne contient 5 boules rouges et 3 boules bleues. On tire 3 boules simultanément.

1. Combien de tirages possibles ? (83)=56\binom{8}{3} = 56.

2. Combien de tirages avec exactement 2 rouges et 1 bleue ?

Choisir 2 rouges parmi 5 : (52)=10\binom{5}{2} = 10. Choisir 1 bleue parmi 3 : (31)=3\binom{3}{1} = 3.

Par le principe multiplicatif : 10×3=3010 \times 3 = 30 tirages favorables.

3. Probabilité : P=3056=15280,536P = \dfrac{30}{56} = \dfrac{15}{28} \approx 0{,}536.

Remarque

La loi binomiale (Séquence 9) généralisera ce type de calcul : on verra que P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X=k) = \binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}.

Le coefficient (nk)\binom{n}{k} comptera exactement le nombre de chemins favorables dans un arbre de probabilités.

Mathématiques — LFIA Agadir